j’attends ta voix dans ma ville 


à peine perdu(e) reçoit ana nb (vases communicants / juillet 2013) et ana nb reçoit à peine perdu(e) chez elle

j’attends que la nuit tout s’efface ou presque 

j’attends la ville invisible - les verticales des façades s’oublient dans le ciel - les jardins se couvrent de silence - les rues s’étirent lignes noires 

j’attends que la ville ne porte plus de nom – seules ses traces - ici un passage secret ici une rue abandonnée ici d’autres langues ici le chapeau de la jeune fille à l’envers ici une ruelle et sa fenêtre ouverte ici le café sous les platanes ici la voix d’une personne aimée ici le jardin aux étoiles ici la forêt électrique ici des pierres et de l’eau 

j’attends l’éloignement 

j’attends que toutes les villes se mélangent

Alboxalmeriagrenademadrid
Barcelonesabadellbuenosaires
Lisbonnemuroscastelodavidenazaré
Portbougeronacarmauxdieulouard
Nancymetzviennegenêvevenise
Bruxellesberlinhanovre

j’attends d’entrer dans la petite ville - celle au château - aux platanes - à l’école détruite - au chemin de gravier noir – et derrière la maison 

j’attends que la photograpie en noir et blanc se couvre de couleurs – au loin du jaune du vert des collines 

j’attends que la ville se tienne debout sous les étoiles 

j’attends de trouver une chambre pour me reposer - je suis perdue dans la grande ville - je croise l’homme tourneur de nuit l’homme araignée plaqué au mur l’homme à la voix au ras du sol l’homme en redinguote l’homme aveugle vendeur de tombola 
 
j’attends - je penche la tête par la fenêtre - j’écoute l’autre voix sur le balcon – tu vas où eh attends tu vas où c’est râté c’est - BANG - tu entends c’est - BANG- tu vas où là mais c’est pas mieux là c’est pas mieux eh attends tu vas où c’est raté - BANG 

j’attends une nuit une de ces nuits toute la nuit jusqu’à l’aube - de partir dans l’autre ville 

j’attends l’ouverture d’un magasin des émotions pour - acheter des émotions de la grande ville 

j’attends sur une place d’été - et autour sur des bancs allongé le corps des hommes ivres de la nuit 

j’attends l’ouverture de la perte - mes clefs mes papiers d’identité l’être aimé – mon chemin mon chemin de poussière - celui qui conduit à l’arbre – loin de ville 

j’attends l’enregistrement permanent des conversations de la ville – dans toutes les langues de la ville 

j’attends la ville qui n’est pas ma ville qui est une autre ville - j’oublie le plan - je marche depuis combien de temps - je m’éloigne du retour - je me perds dans des rues vides sous le soleil – je marche jusqu’à l’épuisement - jusqu’à l’ennivrement de ma perte 

j’attends l’autre ville - le passage de la frontière – il est six heures peut être – sur les montagnes dans le ciel déjà clair 

j’attends la disjonction extrême du jour et de la nuit 

j’attends qu’une ville se glisse dans une autre ville - je marche dans une rue au nom de militaire la lumière blanchit les façades je marche dans une rue au nom de poète 

j’attends le retour de la voix nocturne - dans la petite ville dans la grande ville dans l’autre ville – j’attends le retour de la voix nocturne dans le son noir de la nuit 

j’attends de la plante de mes pieds jusqu’à ma gorge brûlée de mes poings de mes pupilles j’attends - silencio ! Silencio ! Silencio !

J’attends la disparition de la ville j’attends la dépouille de ses mensonges j’attends l’agonie de sa langue fosse bordée d’ argent puant

j’attends l’ouverture hora crepuscular - je cherche du sud dans l’ailleurs de ma ville 

j’attends - je regarde s’éteindre la ville 

ana nb

la participation d’ana nb à àpeineperdu(e) s’inscrit dans le cadre des vases communicants

ana capte moments du temps et bruits des villes ici et

je la remercie

merci à brigitte célérier pour la liste des échanges du mois



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écrit ou proposé par : Emmanuel Delabranche
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1ère mise en ligne et dernière modification le 5 juillet 2013.