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	<title>&#224; peine perdue</title>
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		<title>disait-elle </title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Emmanuel Delabranche</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;je n'ai pas cherch&#233; ce qui m'arrive disait-elle assise &#224; m&#234;me le sol de gr&#232;s devant la fen&#234;tre que le port tout entier et ses digues emplissaient ce port du bout du monde b&#233;ance de la terre &#233;chancr&#233;e et de rajouter lui non plus alors comment lui en vouloir comment lui en vouloir et l&#224; de s'effondrer mains sur le visage aurait voulu et pr&#233;f&#233;r&#233; s'y enfoncer que les mains se fondent que la t&#234;te se mue dispara&#238;tre honte n'en pouvant plus l'appartement &#233;tait vide plus un meuble plus un souffle (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://xn--peineperdue-66a.fr/spip.php?rubrique4" rel="directory"&gt;manque la photo&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;je n'ai pas cherch&#233; ce qui m'arrive disait-elle assise &#224; m&#234;me le sol de gr&#232;s devant la fen&#234;tre que le port tout entier et ses digues emplissaient ce port du bout du monde b&#233;ance de la terre &#233;chancr&#233;e et de rajouter lui non plus alors comment lui en vouloir comment lui en vouloir et l&#224; de s'effondrer mains sur le visage aurait voulu et pr&#233;f&#233;r&#233; s'y enfoncer que les mains se fondent que la t&#234;te se mue dispara&#238;tre honte n'en pouvant plus&lt;br class='autobr' /&gt;
l'appartement &#233;tait vide plus un meuble plus un souffle aux murs on avait enlev&#233; tout ce qui un jour y avait &#233;t&#233; accroch&#233; et d'en voir encore les traces comme si c'&#233;tait autour que tout avait chang&#233; alors elle restait assise l&#224; qui ne pourrait se relever jambes engourdies se repliant sur elle-m&#234;me tentant de se fondre dans ce lieu qui avait vu tant de cris tant de larmes d&#233;j&#224; silence l'accompagnant maintenant dans un isolement impossible &#224; quitter&lt;br class='autobr' /&gt;
les pi&#232;ces pouvaient encore malgr&#233; le vide qui les emplissait parler clairement de leurs usages pass&#233;s les tapisseries les traces au sol les plafonniers et de la revoir dans la salle r&#233;veillon d'un soir elle heureuse un verre &#224; la main appuy&#233;e contre la vitre le regard au loin qui le voyait l'imaginait revenant enfin et comme dansant autour d'elle la mer cadr&#233;e les meubles de merisier les guirlandes allum&#233;es scintillant comme des larmes retenues br&#251;lent les yeux avant de soulager &lt;br class='autobr' /&gt;
elle avait fini par mettre les mains &#224; terre comme pour se stabiliser retenant son corps de tomber soutenant le monde sur lequel elle &#233;tait pos&#233;e elle avait fini par se calmer le visage creus&#233; eau sal&#233;e ravins profonds avait perdu pied et avait senti sa t&#234;te tourner elle immobile et tout autour de bouger mouvement circulaire et lent puissance int&#233;rieure avant de sombrer&lt;br class='autobr' /&gt;
dehors le ciel avait chang&#233; du bleu au gris irr&#233;gulier des nuages lourds et &#233;pais &#233;tait pass&#233; on aurait dit un orage qui montait et dedans son corps tomb&#233; au sol comme d&#233;fait membres &#233;pars t&#234;te &#224; l'envers les yeux ouverts le plafond elle aurait vu qui dormait derri&#232;re ses paupi&#232;res monde disparu r&#234;vant d'&#233;ternit&#233; elle &#233;tait nue que rien ne semblait pouvoir r&#233;veiller ni le bruit montant des moteurs ni ceux du fer sur l'enrob&#233;&lt;br class='autobr' /&gt;
l'immeuble une premi&#232;re fois a trembl&#233; un coup sourd avait pr&#233;c&#233;d&#233; boulet lanc&#233; pendule jet&#233; et de revoir l'horloge du salon qui sonnait les heures au long des journ&#233;es de se m&#233;langer songes et r&#233;alit&#233; mais rien n'y faisait elle dormait trop loin pour la rattraper et il y eut un second coup et &#231;a a commenc&#233; &#224; s'effondrer le b&#233;ton redevenant pierres les aciers squelettes puis un troisi&#232;me et en puissance c'est mont&#233;&lt;br class='autobr' /&gt;
avec m&#233;thode on d&#233;truisait de son corps la derni&#232;re enveloppe &lt;br class='autobr' /&gt;
elle dormait&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>silence</title>
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		<dc:date>2013-06-26T06:35:14Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Emmanuel Delabranche</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;je m'abstiens de parler me tais le fais comme on dit je r&#233;duis le bruit qui environne calme le jeu pause un temps je te &#244;te la langue la prends et t'impose de taire ces mensonges ces calomnies ces m&#233;disances je t'y r&#233;duis je fais que ces m&#233;disances ces calomnies ces mensonges ne trouvent plus cr&#233;dit et tombe le silence &lt;br class='autobr' /&gt;
je m'abstiens d'en parler le tais le passe sous lui lis les journaux allume ta t&#233;l&#233; sur ce qui se passe &#233;coute on le fait immense on passe &#224; tabac ou sous silence on ne (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://xn--peineperdue-66a.fr/spip.php?rubrique4" rel="directory"&gt;manque la photo&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;je m'abstiens de parler me tais le fais comme on dit&lt;br class='autobr' /&gt;
je r&#233;duis le bruit qui environne calme le jeu pause un temps&lt;br class='autobr' /&gt;
je te &#244;te la langue la prends&lt;br class='autobr' /&gt;
et t'impose de taire ces mensonges ces calomnies ces m&#233;disances&lt;br class='autobr' /&gt;
je t'y r&#233;duis &lt;br class='autobr' /&gt;
je fais que ces m&#233;disances ces calomnies ces mensonges ne trouvent plus cr&#233;dit&lt;br class='autobr' /&gt;
et tombe le silence&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;je m'abstiens d'en parler le tais le passe sous lui&lt;br class='autobr' /&gt;
lis les journaux allume ta t&#233;l&#233; &lt;br class='autobr' /&gt;
sur ce qui se passe &#233;coute on le fait immense&lt;br class='autobr' /&gt;
on passe &#224; tabac ou sous silence&lt;br class='autobr' /&gt;
on ne parle pas on tait on terre&lt;br class='autobr' /&gt;
on ne dit plus on ne fait que plaire&lt;br class='autobr' /&gt;
on se tait on se tut rien dont on ne peut &#234;tre fier&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;on chancelle on mati&#232;re on impose on procure&lt;br class='autobr' /&gt;
on d&#233;fend on poursuit on affaire on abolit&lt;br class='autobr' /&gt;
le roi aussi &#224; ses procureurs faisait faire silence&lt;br class='autobr' /&gt;
et la loi &#224; son tour se tait &lt;br class='autobr' /&gt;
cas non pr&#233;vu&lt;br class='autobr' /&gt;
et l'amour pareil disparu&lt;br class='autobr' /&gt;
tes lettres perdues tes lettres retenues je t'aimais tant tu me tues&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;apr&#232;s avoir &#233;t&#233; longtemps sans vous &#233;crire&lt;br class='autobr' /&gt;
je romps enfin le silence&lt;br class='autobr' /&gt;
en moi tant de maux tant de plaies d'esp&#233;rance &lt;br class='autobr' /&gt;
je vous salue&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;secret silence &lt;br class='autobr' /&gt;
oubli silence &lt;br class='autobr' /&gt;
calme silence &lt;br class='autobr' /&gt;
absence silence&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;et il y a ce bruit bruit continu musique des corps cordes tendues&lt;br class='autobr' /&gt;
et il y a ce temps instant coup&#233; respiration retenue &lt;br class='autobr' /&gt;
ce temps que marque le vide le plein contenu&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;et au contraire des bavards qui enduisent les toiles de mille fracas &lt;br class='autobr' /&gt;
il y a comme dans un regard le monde entier suspendu &lt;br class='autobr' /&gt;
sans voie&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;silence&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>on ne sait o&#249; </title>
		<link>http://xn--peineperdue-66a.fr/spip.php?article11</link>
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		<dc:date>2013-06-26T06:31:55Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Emmanuel Delabranche</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;III &lt;br class='autobr' /&gt;
il y avait cette pendule ce matin qui sonnait les heures et qui continue encore il y avait cette pendule au carillon particulier entendu durant mes vingt premi&#232;res ann&#233;es chaque heure pass&#233;e &#224; ses c&#244;t&#233;s pendule de bronze aux trois femmes drap&#233;es seins nus qui avant sur un buffet et aujourd'hui &#224; terre il y avait cette pendule entendue des ann&#233;es apr&#232;s des centaines de kilom&#232;tres plus loin moi qui pensais que les choses n'existaient que dans les lieux o&#249; en nous elles &#233;taient n&#233;es (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://xn--peineperdue-66a.fr/spip.php?rubrique4" rel="directory"&gt;manque la photo&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;III&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;il y avait cette pendule ce matin qui sonnait les heures et qui continue encore il y avait cette pendule au carillon particulier entendu durant mes vingt premi&#232;res ann&#233;es chaque heure pass&#233;e &#224; ses c&#244;t&#233;s pendule de bronze aux trois femmes drap&#233;es seins nus qui avant sur un buffet et aujourd'hui &#224; terre il y avait cette pendule entendue des ann&#233;es apr&#232;s des centaines de kilom&#232;tres plus loin moi qui pensais que les choses n'existaient que dans les lieux o&#249; en nous elles &#233;taient n&#233;es&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;elle sonne la demie&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;et il y a ces heures que jamais on n'oublie seulement on les met de c&#244;t&#233; comme ces choses qui ont servi et qui ne servent plus jamais&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;et il y a en soi tant qui revient sans nostalgie sans amertume sans larme aucune juste l'&#233;grainage du temps qui rythme et dissipe&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;elle sonne encore&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;et il y a ce qu'on oublie ne voit plus ni n'entend les cris d'enfants les heures cach&#233; sous les draps les lumi&#232;res au plafond que les persiennes strient&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;et il y a les corps des morts ces &#234;tres pr&#233;sents pr&#232;s de soi comme de soi les prolongements qui n'ont pas attendu qu'on est l'&#226;ge de pleurer pour s'&#233;vanouir s'effacer &lt;br class='autobr' /&gt;
s'en aller&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;et il y a le silence qu'on garde comme le plus grand pr&#233;sent voix int&#233;rieure que l'on suit&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;et entend encore celle du secret &#233;manant de ce temps&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;elle reprend&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;II&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;marcher dans une ville connue c'est toujours revenir sur soi-m&#234;me ses traces ses histoires les savoir proches pr&#234;tes &#224; surgir ici et l&#224; non par surprise juste comme attendues et de changer d'itin&#233;raire n'y fait rien qui convoque ce qui provoque ce changement l'assoie le pose comme &#233;vidence et la ville de ne plus &#234;tre que ce montage d'histoires v&#233;cues rues pour t&#233;moins comme si aux fa&#231;ades avaient &#233;t&#233; inscrits nos plaintes joies et tourments appels t&#233;l&#233;phoniques pass&#233;s voix encore r&#233;sonnantes entre les pierres roses ricochant sur les b&#233;tons reflets des vitres ensoleill&#233;es photographies prises rang&#233;es on ne sait o&#249; si ce n'est en soi claires et nettes comme un 4 par 6 affich&#233; &#224; chaque carrefour &#233;clair&#233; la nuit et qu'on renouvellera &#224; chaque clignement des yeux et toutes ces pens&#233;es not&#233;es dans des carnets autant de page &#224; se souvenir comme nos pas foulant l'asphalte gris de la ville&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;aujourd'hui me sont revenues plusieurs histoires &#224; la fois n'en fabriquant plus qu'une que des ann&#233;es pourtant s&#233;paraient et que tout opposait comme si dans ces pages tourn&#233;es la mati&#232;re du pr&#233;sent se trouvait r&#233;v&#233;l&#233;e et m&#234;me se trouvait &#224; son aise histoires de luttes mots &#233;chang&#233;s histoires de doutes larmes tir&#233;es histoires de fuites ne fait-on que cela depuis toujours fuir et fuir encore peut-&#234;tre oui&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;enfant amant mari amant encore fuite en avant&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;I&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;venir ici &#224; strasbourg en son centre me transporte dans le temps sans pourtant faire ressurgir un quelconque pass&#233; dans cet aujourd'hui &#233;clair&#233; et c'est bien l'ambiguit&#233; de ces sentiments enfouis souvenirs fuyants dont les traces sont des lignes tir&#233;es directions uniques qui jamais ne fabriquent le pr&#233;sent juste &#224; son arri&#232;re rest&#233;es traine de tulle &#233;vanescente voile blanc brume que le vent dissipe tout autant et ce ne sont pas les rues ni les boutiques aper&#231;ues de loin arrivant mais plut&#244;t ce que la ville donne vraiment son &#233;chelle son bruit sa couleur son air ses alignements on dirait un lieu unique comme l'est le havre quoi qu'en disent ceux que la ville n'int&#233;resse pas ou qui&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;simplement ne la connaissent pas la comparant &#224; toute autre reconstruite et inversement et c'est ici une force impressionnante que de se sentir l&#224; l&#224; o&#249; l'on est vraiment tant les villes disparaissent derri&#232;re ce qui les rend toutes semblables non au travers des places des rues &#233;troites des jardins des mairies et &#233;coles des &#233;glises mais qui se refl&#232;tent toutes dans leurs boutiques mille fois r&#233;p&#233;t&#233;es identiques aux enseignes qui ne nous apprennent plus rien sur le lieu et son histoire simple contemporan&#233;it&#233; fa&#231;ade de carton jetable et d&#233;j&#224; tant recycl&#233;e&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;la ville prend ce qu'elle ne donne pas mais offre entre ses pierres taill&#233;es ses brasseries rideaux tir&#233;es ses rues anim&#233;es une sensation de suffisance et d'autonomie que je suis venu chercher il y a quelques ann&#233;es me mettant &#224; l'abri des cris du bruit que faisait ma vie me mettant &#224; l'&#233;cart de moi-m&#234;me me posant de c&#244;t&#233; et l&#224; allong&#233; arr&#234;tant d'&#233;crire je reprenais la lecture cherchant dans les mots des autres l'aide que personne ne voulait plus me donner main tendue mainte fois perdue seul pour une fois qui ne recherchais que la compagnie de l'autre le regard et la voix alors reprendre vie&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>



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