pj harvey


stories from the city, stories from the sea sort en 2000 alors que je viens pour la seconde fois de quitter ma ville d’enfance son port étiré sur l’estuaire ses rues droites son vent assourdissant ses galets envahissants et son béton
les morceaux passent en boucle sur le lecteur cd version digipack je feuillette le booklet en découvrant les musiciens qui entourent pj harvey pour cet album éclatant limpide et finalement facile comme un bleu pétrole où tout est parfaitement réglé léché loin de la puissance précédemment atteinte et ultérieurement retrouvée
j’épuise les sons la voix au travers d’enceintes et casque traduis les textes cherchent les productions personnelles des musiciens participant à l’album achète d’autres cd le monde s’ouvre s’étend s’épanouie je découvre john parish que je ne quitterai plus allant jusqu’à demander à mes étudiants en architecture de faire des recherches sur sa formation son enseignement ses productions son son alors même qu’il ne participe pas à l’album et qu’il n’est que cité dans les thanks to je découvre mick harvey et rob ellis head et flood et croise thom york en exil
depuis de pj harvey j’ai acheté tous les albums un par un le temps de découvrir m’habituer connaître les singles avec inédits les raretés la peal session et même the string quartet tribute to pj harvey des vinyles jusqu’à un 45 tours une seule face gravée dont la seconde est couverte d’un dessin gravé lui aussi oiseau ailes déployées non pour le dessin mais parce que je pensais y trouver une perle à peine produite en face b
le 26 février 2000 j’étais dans la salle de l’olympia tassé entre d’autres à l’écouter chanter et la voir s’éclipser toutes les trois ou quatre chansons pour revenir d’une nouvelle robe dressée déchainée grattant les cordes de ses guitares avec l’énergie de l’écriture la folie de la peinture la joie de la création quand on l’atteint
il y a ce morceau water chanté et joué en 92 par pj sur l’album dry dont dominique petitgand m’a dit avoir aussi la préférence parmi tous et il y a cet autre morceau water chanté et joué cette même année 92 par pj et john parish sur l’album from a diva to a diver du groupe automatic dlamini de john parish
pj & jp deux voix parallèles aux mots se croisant au milieu du morceau water d’automatic dlamini et repartant parallèles avant de s’éteindre que je ferai aussi écouter aux étudiants lors de cours traitant du rapport d’études de la forme et du fond de l’écriture et de la parole
les pochettes de disques montrent la femme en portrait parfois plein cadre jusqu’à let england shake qui laisse place à un dessin de pj de grands oiseaux noirs formant nuée nuage-charbon mais au dos tout de même une photographie de seamus murphy qui tournera et réalisera les 12 courts films associés au disque remarquables et puis il y a the hope six demolition project avec un autre dessin et une autre photo de murphy
en 2000 je découvre pj avec huit années de retard vis-à-vis de dry et ride of me sortis la même année et depuis ne cesse de découvrir et redécouvrir ses morceaux participations évasions incursions
en pj harvey je vois une force indestructible à faire à écrire à jouer à chanter à chercher à retourner encore et encore une matière épuisable et fragile finie et personnelle que les croisements et rencontres étirent étendent sans rupture sans déchirement l’œuvre restant constante et entière
je n’ai jamais rencontré pj harvey


à suivre...



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écrit ou proposé par : Emmanuel Delabranche
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1ère mise en ligne et dernière modification le 20 décembre 2018.